CHARLES X

Jeudi 25 Février, on s’est rendues au concert de Charles X à la Bellevilloise pour célébrer la sortie de son deuxième opus, “Sounds of the yesteryear”, qui sortira moins d’un an après “The Revolution…And the day after”. Un album aux sonorités néo soul, hip hop et jazz, influencé tant par la Great Black Music que par les sons old school du hip hop des 90’s.

Rencontre avec un petit génie de la musique. 

Qu’il rappe ou qu’il chante, Charles X fait preuve d’une grande maîtrise vocale. Inutile de lui coller une étiquette de rappeur ou de chanteur néo soul. L’objectif ultime de Charles X, est de toucher tout le monde par sa voix et ses textes, “la musique c’est juste un moyen d’y parvenir”. Un pari qui semble fonctionner car jeudi soir, le public venu assister au concert était emporté par le talent et la présence scénique incontestable de ce jeune Californien de 25 ans.

Tu viens de Los Angeles, comment as-tu atterri en France et plus particulièrement à Bordeaux ? 

C’est sur Soundcloud que j’ai découvert le travail du producteur/beatmaker bordelais Redrum. Je débutais à peine et j’étais loin d’être au point, on a travaillé sur une vingtaine de chansons ensemble.

Il m’a présenté mon manager actuel, m’a proposé une tournée en France. C’était en 2013. J’ai sauté sur le premier avion, je suis venu en France et nous avons entamé une tournée ensemble. C’est lui qui a produit les deux albums.

« Ici en France, et en Europe en général, les gens apprécient LA musique, tous types de musique, pas nécessairement le dernier truc qui passe à la radio. »

Est-ce que vous aviez la même vision artistique ?

Oui, c’était parfait. Tu sais, j’aime les sons old school, il m’arrive d’inclure des trucs un peu modernes, mais dans le fond je suis très old school. Ici en France, et en Europe en général, les gens apprécient LA musique, tous types de musique, pas nécessairement le dernier truc qui passe à la radio. Alors quand j’ai entendu les beats de Redrum, qui étaient old school, un peu jazz, avec des références à Al Green, James Brown ou Stevie Wonder, j’étais très surpris.

Je suis venu en France, on a entamé la tourné, joué certains des morceaux, et le public était hyper réactif. J’étais vraiment étonné, parce qu’aux US, le public n’apprécie pas ce genre de musique. Là-bas ils veulent un seul type de produit, et le même tout le temps. À Los Angeles, d’où je viens,  il n’y a que deux types musiques : la musique trap ou l’indie pop/rock.

Que reproches – tu à ceux qui font de la musique aux États-Unis ?

Il n’y a plus aucune originalité. Ils se contentent de reproduire indéfiniment une formule gagnante. Prends Michael Jackson par exemple, depuis qu’il est mort, tous les artistes pop copient sa façon de chanter, ses concerts, ses pas de danse. Ils recopient la bonne équation, le son est parfait mais ils n’essaient pas de se surpasser, les gens ne veulent pas être meilleurs, ils cherchent juste à être connus.

Qu’en est-il de ta musique ? 

Ce n’est pas toujours évident d’être authentique dans ce contexte, même si je veux ramener la musique au centre. Parfois tu es obligé de faire des compromis. Si tu prends mon titre “Can You Do It” par exemple, les gens veulent danser dessus, c’est très groovy et il y a moins de paroles, c’est plus facile d’accès. Mais si tu écoutes le reste de ma musique, les autres chansons ont un message plus appuyé.

« Aujourd’hui tu peux entendre une musique parfaite mais ça ne parle pas d’amour et moi j’ai envie de parler d’amour peu importe le style de musique. »

Dans ta musique, tu alternes rap et chant, on entend aussi pas mal de références hip hop, néo soul, jazz…. Mélanger autant les genres c’est un acte révolutionnaire ou juste une façon de faire les choses comme tu as envie? 

J’ai envie de faire les choses comme je veux, ce qui en soi est une forme de révolution non? Je fais different styles parce que si je commence à faire de la néo soul, les gens n’attendront plus que ça de moi, et quand je commencerai à rapper, ils ne vont pas l’accepter, et rejeter ma musique. Mon but au final c’est de faire de la musique pour les gens, toucher tout le monde, et pas un certain type de public. Je veux faire de la musique pour réunir les gens et faire passer un message. Aujourd’hui tu peux entendre une musique parfaite mais ça ne parle pas d’amour et moi j’ai envie de parler d’amour peu importe le style de musique.

Les paroles comptent beaucoup pour toi?

Les gens en France ne comprennent pas toujours les paroles, mais le message, les paroles, c’est ce qui compte le plus. La musique est là pour te dire de te taire et de prêter attention à un message. Ce message tu peux l’entendre que tu comprennes la langue ou pas, les paroles ont ce pouvoir là. Qu’est ce qu’on a en musique actuellement ? Des types qui te parlent d’argent et qui tiennent des propos dégradants envers les femmes…

Je pense que si les gens commencent à réfléchir au sens des paroles et qu’ils se mettent à aimer la musique à nouveau, certains artistes qui sont au sommet ne pourront plus se défiler. Quand les gens aimeront la musique à nouveau, ils voudront aller voir ton concert, et tu ne peux pas te permettre de monter sur scène et d’être nul. Ils aiment ta voix, ils viennent entendre ta voix, mais si ce n’est pas la même sans autotunes… Plein d’artistes ont des albums parfaits, mais une fois sur scène, sans autotunes, tu ne reconnais plus les chansons. Tu ne peux pas être James Brown et être nul sur scène! Et James Brown est assurément une énorme influence.

À part la musique Motown, quelles sont tes autres influences? 

La musique Motown est une de mes influences c’est sûr, mais pas seulement. J’ai découvert les Beatles à 18 ans et ça a changé ma vie. Quand je compose j’ai également d’autres influences en tête comme Gnarls Barckley, The Black Keys, The White Stripes, Led Zeppelin, ou Michael Jackson…

« J’adore les French toasts! Ça peut paraître bizarre surtout que ça n’existe pas en France mais j’adore ça! Et les French fries! »

Ici on aime autant la musique que la nourriture. Si je te demande quels sont tes plaisirs coupables en terme de musique et de nourriture ? 

J’adore les French toasts! Ça peut paraître bizarre surtout que ça n’existe pas en France mais j’adore ça! Et les French fries!

Mon plaisir coupable sur le plan musique… Je dirais que venant d’un ghetto de Los Angeles, rencontrer des gens un peu partout, les voir pendant une heure pour un concert, durant un moment privilégié, où ils sont bien, et s’ouvrent à la musique, le fait de les voir sourire, danser, se libérer, ça c’est mon plaisir coupable.

Je pense que tout le monde devrait y avoir droit.

Un dernier mot à ajouter avant de monter sur scène?  

“War is over if you want it and peace in the world. Oh wait, and Sounds of the yesteryear comes March 18th. »

On a imaginé une recette de French toast où l’âpreté du caramel est contrebalancé par la douceur d’une glace à la banane et rencontre la complexité des épices. Un mélange des genres et textures qui nous est resté en tête après le concert.

Ingrédients (pour 4)

  • 8 tranches de pain de mie brioché
  • 5 oeufs
  • 20 cl de crème liquide
  • 20 cl de lait entier
  • Une gousse de vanille
  • Un petit bâton de cannelle
  • 3 gousses de cardamome verte
  • sucre blanc
  • beurre
  • 4 bananes

1 – Quelques heures en avance, mettre les bananes entières et pelées au congélateur.

2 – Préchauffer le four à 180°. Mettre la crème et le lait dans une casserole sur feu moyen avec les épices. Ajouter deux cuillères à soupe de sucre. Faire chauffer sans bouillir puis laisser infuser.

3 –  Quand la crème a refroidi, la passer au chinois. Dans un plat à hauts rebords, mettre les oeufs, la crème et bien remuer. Tremper les tranches de pain, 10mn de chaque côté, dans le mélange.

4 – Mettre une poêle à feu moyen, verser dedans une cuillère à soupe de beurre, puis quand il a fondu, deux cuillères à soupe de sucre. laisser caraméliser légèrement, puis y cuire les tranches de pains, 2/3mn de chaque côté, jusqu’à ce qu’elles soient dorées. Les réserver sur un plat allant au four.

5 – Finir la cuisson du pain perdu pendant quelques minutes au four.

6 – Pendant ce temps, sortir les bananes du congélateur, et passez-les au robot-mixeur (il doit être assez puissant pour pouvoir casser de la glace). Mixez jusqu’à l’obtention d’une glace lisse et onctueuse.

7 – Servir.